De quelles assurances as-tu besoin comme indépendant ? L’obligatoire, l’utile et le superflu
Comme employé, tu n’y penses jamais : si tu tombes malade, ton employeur continue d’abord à te payer, puis ta mutuelle prend le relais. Comme indépendant, c’est différent, et la plupart des gens ne le découvrent que lorsqu’il est trop tard.
Gauthier · 16 octobre 2026 · 9 min de lecture
Comme employé, tu reçois un solide filet de sécurité presque en cadeau. Ton employeur s’occupe de ton assurance hospitalisation et de ton assurance groupe, et si tu tombes malade, il continue d’abord tout simplement à te verser ton salaire. Si tu deviens indépendant, une grande partie de ce filet disparaît. Pas parce que les indépendants sont mal protégés, mais parce que c’est maintenant à toi de t’en occuper.
Et c’est là que ça coince : personne ne t’explique ce dont tu as vraiment besoin. Ton comptable connaît tes chiffres, tu n’entends parler de ta mutuelle que quand tu es malade, et celui qui te vend une assurance a intérêt à ce que tu en prennes beaucoup. C’est pourquoi on fait ici le point : ce qui est obligatoire, ce dont tu as vraiment besoin, ce que tu peux envisager et ce qui ne vaut pas ton argent.
Ce qui est obligatoire
Il y a moins d’obligations que tu ne le penses :
- Tu t’affilies à une caisse d’assurances sociales et à une mutuelle. Via tes cotisations sociales, tu te constitues ainsi une base : ta pension et une indemnité si tu tombes malade.
- Si tu roules en voiture, il te faut une assurance RC auto, même si c’est ta SRL qui paie la voiture.
- Si tu engages du personnel, une assurance accidents du travail est obligatoire.
- Pour certaines professions, une RC professionnelle est obligatoire, comme pour les architectes et les comptables. Pas pour les recruteurs.
Le reste, tu le choisis toi-même. Et c’est justement ça, le problème : ce qui n’est pas obligatoire, tout le monde le remet à plus tard.
Et si tu tombes malade ?
C’est là que se situe la plus grande différence avec ta vie d’employé. Quand tu es indépendant, ta mutuelle ne te verse pas une partie de ton salaire, mais un montant fixe par jour, peu importe ce que tu gagnais. Si tu es malade plus de sept jours, tu le reçois dès le premier jour. Si tu es malade moins longtemps, tu ne reçois rien.
Combien ça fait ? Après un an de maladie, tu reçois comme isolé 65,56 € brut par jour, six jours par semaine : environ 1 700 € brut par mois. Avec charge de famille, c’est 82,64 € par jour. Lotte, de notre article sur ce que gagne un recruteur indépendant, garde environ 6 550 € net par mois : ses revenus chutent alors de presque trois quarts. Et ses charges fixes, elles, continuent de courir.
Ce que beaucoup de gens ne savent pas : si tu es malade longtemps, tu peux demander, via ta caisse d’assurances sociales, à ne plus payer tes cotisations sociales, sans perdre tes droits. C’est ce qu’on appelle l’assimilation. Ça aide, mais ça ne comble pas l’écart.
Revenu garanti : l’assurance dont tu as vraiment besoin
Cet écart, c’est une assurance revenu garanti qui le comble. Elle te verse chaque mois un montant si tu ne peux pas travailler à cause d’une maladie ou d’un accident, en plus de ce que te donne ta mutuelle. C’est l’assurance la plus importante pour un indépendant, et en même temps la moins connue.
Voici comment elle fonctionne :
- Tu choisis le montant, généralement jusqu’à environ 80 % de ton salaire brut.
- Tu choisis un délai de carence : la période que tu couvres toi-même avant que l’assurance intervienne. C’est généralement 30 jours, mais ça peut aller jusqu’à un an. Plus il est long, plus la prime est basse.
- L’indemnité court jusqu’à ce que tu puisses reprendre le travail, ou jusqu’à l’âge prévu dans ton contrat, mais jamais au-delà de ta pension.
- La prime dépend de ton âge, du montant et du délai de carence. Plus tu la souscris jeune, moins elle est chère.
- Fiscalement, tu déduis la prime comme frais professionnels, ou c’est ta SRL qui la paie. L’indemnité est alors imposée comme revenu de remplacement.
Lis bien les exclusions. Beaucoup de polices ne couvrent pas les affections psychiques, ou seulement de façon limitée, et dans un métier où la pression est si forte, ce n’est pas un détail. Et souscris-la tant que tu es en bonne santé : si tu es déjà en incapacité de travail, tu ne peux plus t’assurer, et une affection existante est souvent exclue.
Hospitalisation : garde celle de ton employeur
Ta mutuelle paie une partie de tes frais d’hôpital. Le reste, comme une chambre individuelle ou les suppléments d’honoraires de ton médecin, tu le paies toi-même, sauf si tu as une assurance hospitalisation. Comme employé, tu l’avais probablement via ton employeur.
Bonne nouvelle : tu peux la garder. Si tu as été couvert au moins deux ans sans interruption, tu peux poursuivre toi-même la police chez le même assureur, sans questions médicales et avec une couverture similaire. Une affection couverte aujourd’hui reste couverte. Ta prime dépend toutefois de ton âge à ce moment-là.
Attention au délai. Quand tu pars, tu reçois un document à ce sujet, et à partir de là, tu as 30 jours pour signaler que tu veux poursuivre la police. Ce délai, tu peux le prolonger une fois de 30 jours. Si tu le laisses expirer, tu perds ce droit pour de bon. Si tu optes quand même pour une nouvelle police, toi-même ou via ta SRL, tu devras généralement remplir un questionnaire médical.
Responsabilité : quand tu commets une erreur
Une erreur est vite arrivée, dans notre métier aussi. Un CV qui atterrit chez le mauvais client, une référence que tu n’as pas vérifiée alors que tu l’avais promis, un client qui te tient pour responsable d’un mauvais recrutement. Pour ça, il existe deux assurances, généralement réunies dans le même contrat :
- La RC professionnelle couvre les dommages si un client met en cause ta responsabilité pour une erreur dans ton travail. Pour les recruteurs, elle n’est pas obligatoire, mais elle est recommandée : une seule réclamation peut coûter plus que des années de primes.
- La RC exploitation couvre les dommages que tu causes à des tiers pendant ton travail, comme l’ordinateur portable d’un client que tu fais tomber de la table. Elle coûte peu.
Si tu as une SRL, il y a aussi la RC administrateurs. Elle protège ton patrimoine personnel si ta responsabilité personnelle d’administrateur est mise en cause pour une erreur dans la gestion de ta SRL. Pour une SRL d’une seule personne et sans personnel, ce risque est limité. Si tu engages des gens ou si ta SRL grandit, elle devient intéressante. Les amendes et la fraude, elle ne les couvre jamais.
Protection juridique et assistance fiscale
Une assurance protection juridique paie ton avocat et les frais de justice si tu te retrouves dans un litige, par exemple avec un client qui ne paie pas sa facture. Une assurance d’assistance fiscale fait la même chose en cas de contrôle fiscal : elle paie les heures de ton comptable ou de ton fiscaliste pour défendre ton dossier.
En as-tu besoin ? Pas toujours. Avec un bon comptable et peu de litiges, c’est plutôt du confort. Si tu travailles avec beaucoup de clients et de gros fees, un seul litige peut vite coûter plus que la prime.
Cyber
En tant que recruteur, tu travailles toute la journée avec des données personnelles : des CV, des salaires, des références. Si ta boîte mail est piratée ou si un fichier fuite, tu dois parfois le signaler et remettre tes systèmes en état, et un candidat ou un client peut te tenir pour responsable. Une assurance cyber couvre ces frais et te donne tout de suite l’aide de spécialistes. Si tu travailles avec une grande base de données, elle vaut la peine d’être envisagée.
Ce dont tu n’as généralement pas besoin
Soyons honnêtes : tu peux aussi te surassurer. Deux choses sont généralement à laisser de côté :
- Une assurance accidents séparée, si ton revenu garanti couvre déjà la maladie et les accidents. Tu paies alors deux fois pour la même chose.
- Des assurances pour ce que tu n’as pas, comme la RC produits ou une police coûteuse contre les pertes d’exploitation si tu travailles chez toi ou dans un coworking. Vérifie aussi ce que ton coworking couvre déjà.
Dans le doute, fais comparer tes polices par un courtier. Tu ne veux pas être sous-assuré, mais pas surassuré non plus.
En bref
| Assurance | Ce qu’elle couvre | Notre conseil |
|---|---|---|
| RC auto | Dommages causés à des tiers avec ta voiture | Obligatoire |
| Accidents du travail | Ton personnel en cas d’accident au travail | Obligatoire si tu engages du personnel |
| Revenu garanti | Tes revenus si tu tombes malade ou si tu as un accident | Prends-la, et le plus tôt possible |
| Hospitalisation | Frais d’hôpital au-delà de ce que paie ta mutuelle | Garde celle de ton employeur |
| RC professionnelle et RC exploitation | Réclamations pour une erreur dans ton travail, dommages causés à des tiers | Recommandé |
| Protection juridique et assistance fiscale | Avocat ou fiscaliste en cas de litige ou de contrôle | À envisager |
| Cyber | Un piratage ou une fuite de données | À envisager si tu travailles avec beaucoup de données |
| RC administrateurs | Ton patrimoine personnel en tant qu’administrateur | Si ta SRL grandit |
Comment ça se passe chez Shortlist
Chez Shortlist, tu n’as pas à tout démêler seul. Dans ton espace membre, tu trouves notre courtier attitré, et il règle ça avec toi. Pour les litiges avec des clients et les backdoors, on est de toute façon déjà à tes côtés. Curieux de voir comment ça fonctionne ? Lis comment ça marche ou viens prendre un café avec nous via Join us.
Questions fréquentes
Le revenu garanti est-il obligatoire ?
Non, mais c’est l’assurance qui te manque le plus quand tu ne l’as pas. Quand tu es indépendant, ta mutuelle te verse un montant fixe bien inférieur à tes revenus.
Ma SRL peut-elle payer mes assurances ?
En grande partie, oui : ton revenu garanti, ton assurance hospitalisation, ta RC et ta protection juridique. Vois avec ton comptable ce que ça donne fiscalement.
Et si je souffre déjà d’une affection ?
Poursuis alors sans hésiter l’assurance hospitalisation de ton employeur : là, l’assureur ne pose pas de questions médicales. Avec une nouvelle assurance revenu garanti, une affection existante est souvent exclue.
Combien coûte tout ça ?
Ça dépend fortement de ton âge, de tes revenus et de tes choix. Demande toujours plusieurs devis, et compare les exclusions, pas seulement la prime.
Ceci est une explication générale, pas un conseil personnalisé. Fais vérifier tes polices par un courtier.
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Sources
- Indemnité de maladie pour les indépendants : INAMI, ton indemnité comme indépendant et INAMI, montants 2026.
- Assurances obligatoires et complémentaires : Wikifin et VLAIO (en néerlandais).
- Revenu garanti : Wikifin et Partena Professional (en néerlandais).
- Poursuivre ton assurance hospitalisation : Vanbreda, poursuite individuelle.