Cotisations sociales et pension comme indépendant : ce que tu paies et ce que tu te constitues
Comme employé, tu voyais à peine tes cotisations sociales : elles figuraient sur ta fiche de paie et ton employeur s’occupait du reste. Comme indépendant, tu reçois une facture chaque trimestre. Et la question vient toute seule : qu’est-ce que je reçois en échange, et qu’est-ce que ça change pour ma pension ?
Gauthier · 18 octobre 2026 · 8 min de lecture
Comme employé, tu penses rarement à tes cotisations sociales. L’ONSS prélève 13,07 % de ton salaire brut, ton employeur paie encore environ 25 % en plus, et l’affaire est réglée. Comme indépendant, ça change. Tu t’affilies à une caisse d’assurances sociales, et chaque trimestre, tu reçois une facture. C’est l’un des premiers coûts que tu sens vraiment passer.
C’est pourquoi je fais ici le point sur ce que tu paies, ce que tu reçois en retour et ce à quoi tu dois penser toi-même. Surtout pour ta pension, car c’est là que se trouve la plus grande différence avec ta vie d’employé.
Ce que tu paies
Comme dirigeant de ta SRL, tu es indépendant à titre principal. Tes cotisations sociales dépendent de tes revenus : ton salaire et tes avantages de toute nature, moins tes frais professionnels et les cotisations elles-mêmes. En 2026, tu paies :
- 20,5 % sur tes revenus jusqu’à 75 024,54 €,
- 14,16 % sur la part entre 75 024,54 € et 110 562,42 €,
- rien sur ce que tu gagnes au-delà.
S’y ajoutent les frais de gestion de ta caisse d’assurances sociales, quelques pour cent. Tu paies par trimestre, au minimum 890,42 € et au maximum 5 103,05 €, sans compter ces frais.
Pour Lotte, la recruteuse de Combien gagne un recruteur indépendant ?, ça revient à environ 8 890 € par an avec un salaire de 50 000 €. Tes cotisations sociales, tu les déduis de tes revenus, l’année où tu les paies.
Tes premières années : gare à la régularisation
C’est là que beaucoup de starters se font surprendre. Ta caisse ne connaît tes revenus réels que lorsque le fisc les lui transmet, et ça prend du temps. C’est pourquoi tu paies d’abord des cotisations provisoires, et la régularisation sur tes revenus réels arrive deux ans plus tard.
Comme starter, ta cotisation provisoire correspond au minimum, 890,42 € par trimestre, sauf si tu choisis de payer plus. Si tu gagnes 50 000 €, comme Lotte, tes cotisations réelles font plus du double. La différence, tu la paies plus tard en une fois, pour chaque année où tu as payé trop peu. Pour Lotte, c’est plus de 5 000 € par an, et à partir de sa troisième année, cette régularisation s’ajoute aux cotisations de l’année.
Par la suite, ça continue de fonctionner ainsi : tes cotisations provisoires sont calculées sur tes revenus d’il y a trois ans, et la régularisation suit deux ans plus tard. Si tes revenus augmentent, il y a donc toujours un supplément à payer.
La solution est simple. Demande à ton comptable d’estimer tes revenus, et paie dès le départ des cotisations provisoires sur ces revenus. Ta caisse l’accepte sans problème. Tu n’as alors pas de surprise, et tu les déduis tout de suite.
Ce que tu reçois en retour
Tes cotisations sociales ne partent pas en fumée. Avec elles, tu te constitues des droits :
- Ta pension. Chaque année comme indépendant compte pour ta pension légale. On y revient plus bas.
- Ton assurance maladie. Tes visites chez le médecin, tes médicaments et une hospitalisation sont remboursés, comme pour un salarié.
- Une indemnité si tu tombes malade. Un montant fixe par jour, peu importe ce que tu gagnais. Si tu es malade plus de sept jours, tu le reçois dès le premier jour. Mais c’est bien moins que tes revenus : lis à ce sujet De quelles assurances as-tu besoin comme indépendant ?
- Le repos de maternité, si tu as un enfant.
- Le droit passerelle, un revenu temporaire si tu dois cesser ton activité, par exemple après une faillite.
Ce que tu ne reçois pas, ce sont des allocations de chômage. Si tu arrêtes ton activité d’indépendant, tu ne peux pas y prétendre, sauf dans les cas couverts par le droit passerelle.
Ta pension légale
Ta pension légale d’indépendant se calcule ainsi : pour une carrière complète de 45 ans, tu reçois 60 % de tes revenus moyens. Si ton partenaire n’a pas de pension propre, ou seulement une petite, c’est 75 %, au taux ménage.
Pendant longtemps, un indépendant recevait une pension nettement plus basse qu’un salarié aux mêmes revenus. Jusqu’en 2020 inclus, tes revenus d’indépendant ne comptaient que pour environ 69 %. Depuis 2021, ils comptent entièrement.
Pourtant, comme indépendant, tu te constitues généralement moins de pension que comme employé. Pour un salarié, c’est son salaire brut qui compte. Pour un indépendant, ce sont ses revenus après cotisations sociales et frais, et à package égal, c’est moins. En plus, au-delà d’un plafond, tes revenus ne comptent plus.
Combien de pension tu t’es déjà constitué, tu le vois sur mypension.be. Tu y trouves aussi tes pensions complémentaires, comme l’assurance groupe de ton ancien employeur.
Compléter ta pension : PLCI et EIP
C’est pourquoi la plupart des indépendants complètent eux-mêmes leur pension. Pour toi, en tant que dirigeant d’entreprise, il y a deux façons de le faire, et elles se combinent parfaitement.
La PLCI
Pour la plupart, la pension libre complémentaire pour indépendants (PLCI) est la première étape. Tu verses chaque année une prime, que tu déduis de tes revenus comme cotisation sociale. Tu paies ainsi moins d’impôt des personnes physiques et moins de cotisations sociales. Cet avantage peut atteindre environ 60 % de ta prime, et sur la prime elle-même, tu ne paies pas de taxe.
En 2026, tu peux verser jusqu’à 8,17 % de tes revenus, avec un maximum de 4 086,34 €. Pour une PLCI sociale, c’est 9,40 %, avec un maximum de 4 701,54 €. Une partie de ta prime finance alors une protection supplémentaire, par exemple en cas d’incapacité de travail. Une réforme est prête pour relever ces plafonds, mais elle n’a pas encore été votée.
À ta pension, tu paies sur le capital des cotisations sociales qui atteignent au maximum 5,55 % au total, et l’impôt des personnes physiques via une rente fictive : une partie de ton capital s’ajoute à tes revenus pendant un certain nombre d’années. Le montant dépend de ce que tu gagnes comme pensionné.
L’EIP
Si tu veux mettre plus de côté, tu y ajoutes un engagement individuel de pension (EIP). Il passe par ta SRL : ta SRL verse les primes et les déduit comme charges. Sur chaque prime, tu paies 4,4 % de taxe. Si tu prends ton capital à l’âge légal de la pension, tu paies environ 10 % d’impôt, plus la taxe communale et des cotisations sociales qui atteignent au maximum 5,55 % au total.
Ce que tu peux verser dépend de ton salaire. Ta pension légale, ta PLCI et ton EIP ensemble ne peuvent pas dépasser 80 % de ton dernier salaire brut normal. Si tu te verses un salaire bas, tu as donc aussi peu de marge pour un EIP. Comment combiner intelligemment ton salaire et ton dividende, tu le découvres dans Rémunération de dirigeant ou dividende.
Côte à côte
| PLCI | EIP | |
|---|---|---|
| Qui verse | Toi | Ta SRL |
| Combien, en 2026 | Jusqu’à 8,17 % de tes revenus, au maximum 4 086 € (PLCI sociale : 9,40 %, au maximum 4 702 €) | Jusqu’à ce que ta pension atteigne 80 % de ton salaire |
| Au versement | Tu déduis la prime, sans taxe | Ta SRL déduit la prime, avec 4,4 % de taxe |
| À la pension | Cotisations sociales et rente fictive | Environ 10 %, plus cotisations sociales |
En plus, comme tout le monde, tu peux faire de l’épargne-pension : jusqu’à 1 050 € par an avec 30 % de réduction d’impôt, ou jusqu’à 1 350 € avec 25 %.
Et ton assurance groupe actuelle ?
Si tu as une assurance groupe comme employé, ce que tu t’es constitué reste à toi. Ça reste chez l’assureur de ton ancien employeur jusqu’à ta pension, mais plus aucune nouvelle prime n’y est versée. Dans notre calcul, ta SRL continue de verser la même prime dans un EIP, pour que la constitution de ta pension ne s’arrête pas.
Ne soyons pas naïfs
Tes cotisations sociales sont une dépense salée, et tu reçois moins en retour qu’un salarié. Pas d’allocations de chômage, une indemnité maladie qui ne représente qu’une fraction de tes revenus et une pension légale avec laquelle la plupart des indépendants ne peuvent pas maintenir leur niveau de vie.
Ce n’est pas une raison pour rester employé. Avec ce que tu gardes en plus comme indépendant, tu compenses largement ça toi-même : avec une PLCI, un EIP et un revenu garanti. Mais encore faut-il le faire. Quand tu étais employé, ton employeur s’en chargeait pour toi, maintenant c’est toi qui t’en charges.
Questions fréquentes
Quand paies-tu tes cotisations sociales ?
Par trimestre, à ta caisse d’assurances sociales. Tu reçois chaque fois une invitation à payer. Paie à temps, car en cas de retard, tu paies une majoration.
Peux-tu déduire tes cotisations sociales ?
Oui, de tes revenus, l’année où tu les paies. C’est aussi valable pour la régularisation des années précédentes.
Comment savoir combien de pension tu t’es déjà constitué ?
Sur mypension.be, avec ta carte eID ou itsme. Tu y vois ta pension légale et tes pensions complémentaires, comme une assurance groupe ou une PLCI.
As-tu besoin d’une PLCI et d’un EIP ?
Aucun des deux n’est obligatoire. La plupart des indépendants commencent par une PLCI, parce que tu déduis toi-même la prime et que tu ne paies pas de taxe dessus. Si tu veux mettre plus de côté, tu y ajoutes un EIP, via ta SRL.
Ceci est une explication générale, pas un conseil personnalisé. Parle de ta situation à ton comptable ou à ta caisse d’assurances sociales.
Toutes les étapes en un coup d’œil, tu les trouves dans notre guide Devenir recruteur indépendant en Belgique.
Combien garderais-tu comme indépendant, package et pension compris ? Fais le calcul dans le simulateur, ou prenons un café pour en parler, via Join us.
Sources
- Cotisations sociales 2026, taux, minimum et maximum : SPF Sécurité sociale, cotisations sociales 2026.
- Cotisations provisoires et régularisation comme starter : Xerius.
- Comment ta pension d’indépendant est calculée : Securex. Tes revenus comptent entièrement depuis 2021 : Forum for the Future.
- PLCI, primes maximales 2026 : Xerius. Fiscalité de la PLCI : Baker Tilly. La réforme prévue : Partena Professional (en néerlandais).
- Imposition d’un EIP à la pension : KBC (en néerlandais).
- Épargne-pension en 2026 : PV, maxima fiscaux 2026.
- Suivre ta pension : mypension.be.